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Carnets de dégustations : Bienvenue

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Carnets de dégustations : Les nouvelles

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Carnets de dégustations : Toutes les nouvelles

  Posté par Vaudésir - 18/06/2013 - 18:49 - 0 commentaires - Edit

Quand les amis rentrent de Cancale, ils n'oublient jamais de rapporter des crevettes bleues et de nous inviter,les huitres étant un trop grand classique et elles sont bien meilleures à déguster sur la jetée du port face au mont St Michel en jetant les coquilles vides dans leur terroir d'origine.

Pour accompagner le plat concocté par mon ami j'ai opté pour un Valmur,plusieurs choix,2001,2005 ou 2009, le 2009 s'imposait car j'en possède plusieurs et les 2001/2005 que j'ai déjà bu sont trop engoncés dans leur élévage.

Homard(crevettes bleues),fèves,xéres et cacao

Chablis GC Valmur 2009 Domaine William Fèvre

Robe claire, limpide,fond légèrement dorée, nez expressif sur les fruits blancs et léger agrumes,aucune sensation d'élevage,la bouche est d'une superbe finesse,sans la lourdeur que l'on pourrait associer au millésime, une fraicheur et un équilibre remarquable,une intensité maitrisée, longueur et persistance aromatique interminable sur un fond crayeux et fruits blancs. Excellent ++

L'accord avec le homard est très réussi(la cuisson somptueuse, un moelleux extraordinaire) celui apportant en + une touche de salinité complémentaire, les fèves s'harmonisant parfaitement, la réduction xeres,cacao que l'on pourrait croire ambigu reste très envisageable., je ne regrette pas l'association de 2 superbes produits.

Vdsr

 

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  Posté par P. Radmacher - 08/06/2013 - 15:52 - 1 commentaires - Edit
Portes ouvertes 2013 au domaine Deiss à Bergheim


Malgré un agenda vinique extrêmement chargé depuis mon voyage dans les vignobles du sud (j’ai presque une dizaine d’articles en chantier…pfff !), j’ai tout de même choisi de me rendre à la journée « Portes Ouvertes » au domaine Marcel Deiss de Bergheim : un œnophile alsacien ne peut décemment pas décliner une invitation pour découvrir le travail de ces vignerons qui sont installés depuis de longues années au sommet de la hiérarchie du vignoble alsacien.
Hoppla on y retourne !




L’entrée du domaine Marcel Deiss à Bergheim


Dans les différentes salles de l’espace d’accueil du domaine se presse une foule des grands jours, mais grâce à une organisation millimétrée et un programme riche et varié la circulation entre les différents « ateliers » est parfaitement fluide.



Un premier espace de dégustation bien rempli…


La visite de cave se fait sous la direction de Mathieu Deiss, un guide attentionné et pédagogue qui délivre avec beaucoup d’aisance un discours simple, pragmatique, et parfois militant lorsqu’il aborde les conceptions théoriques qui fondent les pratiques viticoles et œnologiques du domaine.



Mathieu Deiss avec son groupe devant l’entrée de la cave.




Une impressionnante collection de charrues pour le travail des sols


Dans leurs 220 parcelles couvrant une superficie totale de 27 hectares, les Deiss mettent en œuvre une viticulture biodynamique en portant une attention particulière au travail des sols. Ces pratiques demandent une présence humaine de chaque instant dans les vignes « nous avons un dizaine d’employés qui se consacrent presque exclusivement à l’entretien des vignes ».
Dans l’espace de réception de vendange se trouvent 3 pressoirs : « lorsque les fruits arrivent, ils doivent être pressés au plus vite, il ne faut pas leur laisser le temps de s’oxyder ». Cette démarche permet d’éviter la protection chimique de la vendange par adjonction de soufre.



L’espace de réception de vendange avec 3 pressoirs.


Dans la cave du domaine Deiss, le bois règne en maître incontesté avec des vieux foudres (entre 50 et 100 ans) magnifiquement entretenus et quelques barriques.
Ces contenants sont utilisés pour effectuer des élevages longs sur lies fines : « cela permet de stabiliser naturellement les vins sans être obligé d’ajouter du SO2 ».
Un « sulfitage de sécurité » très léger est effectué à la mise.



Les superbes voûtes de la cave du domaine Deiss…


 


…et une partie des vieux foudres.

 


A côté des cuves de la cave technique on trouve des barriques utilisées pour certaines cuvées (Schoffweg et Mambourg) et pour une partie des pinots gris.


Une fois remonté à la surface, il est grand temps de passer aux travaux pratiques en partant à la découverte des différentes cuvées du domaine : en présentant tous les vins de la gamme actuelle à la dégustation la famille Deiss offre à l’œnophile une occasion unique de se faire une idée concrète et complète de la qualité de leur production. La classe !



Premier « atelier » : les « vins de fruit ».


Pinot d’Alsace 2011 : le nez est précis et pur sur les fruits blancs, la bouche possède un très joli volume avec une matière charnue, assez vineuse et une minéralité surprenante de profondeur en finale.
Muscat 2010 : le nez est élégant et vif avec une palette très florale (sureau, muguet), la bouche est très aérienne avec une finale franche et bien tonique.
Riesling 2011 : le nez discret déploie une aromatique très classique sur les agrumes frais, en bouche la matière est bien concentrée avec un côté très grenu mais l’équilibre est sec, de fins amers donnent un côté très sapide à la finale.
Pinot Gris 2010 : le nez est fin et distingué avec de belles notes florales (acacia), en bouche une structure acide fine mais solide tient une matière assez généreuse pour trouver une belle balance, qui donne un côté frais et léger à la finale.
Avec leurs expressions aromatiques délicates et précises et leurs équilibres élégants et digestes en bouche, ces quatre « vins de fruit », conçus pour laisser libre parole aux cépages, nous donnent une furieuse envie d’aller découvrir la suite de la gamme.
A titre personnel, j’ai été particulièrement marqué par la personnalité du pinot blanc : gourmand mais avec une belle profondeur minérale…premier MIAM !


 

Les vins rouges du domaine seront la seconde étape de mon voyage gustatif parmi les vins du domaine Deiss :

Rouge de Saint Hippolyte 2009 : le nez possède un fruité charmeur (framboise, cerise burlat), la bouche est souple, avenante et très digeste.
Burlenberg 2008 : le nez s’ouvre sur des notes d’élevage raffiné avant de livrer une palette riche et complexe sur la cerise, le noyau et un fine touche lactée, en bouche l’attaque est bien vive, le milieu très gourmand avec un joli gras précède une finale soutenue par une solide trame tannique.
Burlenberg 2005 : le nez est expressif sur les fruits rouges très mûrs et une fine palette épicée, la bouche très vive à l’attaque développe une matière charnue mais la finale garde un côté un peu austère avec des tanins virulents et une pointe minérale qui s’affirme.
Grâce à la générosité du millésime 2009, le premier rouge de la série donne une version gourmande et fruitée du pinot noir.
Issus d’une complantation de pinot noir et de pinot beurot sur le terroir de calcaire oolithique à entroques du Burlenberg, ces deux vins rouges sont très différents du précédent. Charpentées, profondément marquées par leur base minérale, ces cuvées taillées pour la garde ont encore besoin de quelques années de vieillissement supplémentaires pour s’assouplir...des vins à attendre encore un peu ou à placer à table face à une préparation mitonnée et goûteuse comme un bœuf bourguignon.

Après cette petite parenthèse rouge nous retournons dans le monde des blancs avec la série de « vins de terroir », des cuvées issues de complantations sur des terroirs autour de Bergheim :

Langenberg 2009 : l’olfaction révèle un fruité bien mûr avec des notes d’agrumes confits agrémentées d’une touche finement miellée, la bouche possède un équilibre très gourmand avec une texture bien « glissante » relevée par une forte salinité qui donne un côté très sapide à la finale.
 


Digeste et facile d’accès cette cuvée provient d’un coteau granitique très pentu sur Saint Hippolyte. Malgré une matière généreuse, la minéralité si particulière aux granits alsaciens commence à se montrer en donnant une belle énergie à l’ensemble…deuxième MIAM !

Engelgarten 2010 : l’olfaction est précise et finement ciselée sur les agrumes frais et les zestes, la bouche est volumineuse avec une rondeur voluptueuse et une présence saline très marquée.



Issu d’une parcelle de graves près du village de Bergheim, ce vin facile, gourmand mais doté d’une grande profondeur possède un charme presque irrésistible. Encore jeune mais déjà très accessible, cet Engelgarten mériterait évidemment qu’on l’attende encore un peu…mais avec sa franchise et sa bonhommie actuelle il ne manquera pas de mettre l’amateur devant un cruel dilemme.

Rotenberg 2008 : le nez est complexe et assez pénétrant sur les fruits jaunes et les fleurs, la bouche est ample et opulente avec une minéralité déjà très affirmée qui se manifeste par un grain finement tannique et une grande sapidité en finale.
Issu d’un coteau calcaire assez riche en fer et exposé au sud, ce cru plein de chair et de minéralité montre une personnalité très abordable mais possède des ressources considérables qui lui permettront de tenir tête à des plats de haute gastronomie

Grasberg 2008 : le nez est discret avec des notes de pomelo et quelques nuances pierreuses déjà bien marquées, en bouche, après une attaque très pointue la matière s’épanouit voluptueusement et déploie une structure ample et sphérique avant de se resserrer en finale avec un retour minéral très profond.
Le Grasberg est un terroir calcaire assez pauvre situé au dessus du Grand Cru Altenberg qui oblige la vigne à plonger ses racines assez profondément dans le sol pour se nourrir. Cette marque minérale s’exprime très ouvertement sur cette cuvée riche mais solidement tendue qui n’est encore qu’au début de son évolution…Grand vin de garde !

Burg 2008 : le nez s’exprime sur un registre proche de celui du Grasberg mais avec une intensité supérieure, en bouche la matière est opulente avec un toucher gras et soyeux, la finale nette et très franche revient sur la belle minéralité ressentie à l’olfaction (notes de terre humide).
Avec sa base de marnes du Keuper, son exposition plein sud et sa situation proche du massif vosgien, le Burg est un terroir qui engendre des vins puissamment minéraux qui ont besoin de temps pour s’épanouir. Ce 2008 encore un peu réservé et mystérieux se goûte avec beaucoup d’agrément aujourd’hui mais on sent qu’il aura encore besoin de 3 à 4 années de garde supplémentaires pour s’exprimer pleinement.


Avant d’attaquer les « très grosses cylindrées » du domaine, je profite de la présence d’un atelier gastronomique pour me recaler un peu mes papilles. Henri Gagneux, le chef très créatif du restaurant La Palette à Wettolsheim, nous a préparé 3 bouchées originales et raffinées pour nous permettre de tester des associations avec 3 crus du domaine Deiss :

Duo 1 : verrine d’huitre et légumes à la grecque avec un Langenberg 2009 :

 

Grâce à sa grande salinité, le vin tient tête à ce plat aux saveurs maritimes intenses mais la finale avec ses notes iodées exacerbées ne me convient pas trop…mais bon je n’aime pas les huitres !

Duo 2 : sucette aux céréales et aux arachides avec un Schoffweg 2009 :

 

Face à cette bouchée aux arômes puissants et complexes (viande hachée, cumin, piment d’Espelette, macis…) le vin résiste parfaitement pour composer un accord assez « punchy » mais harmonieux.

Duo 3 : tartelette de tajine d’agneau aux fruits secs avec un Huebuhl 2008 :



Présenté sur une tartelette, l’agneau délicatement parfumé au raz-el-hanout et aux abricots secs compose un accord majeur avec le vin : les deux éléments entrent en résonnance et se grandissent mutuellement…Splendide !

Après cet intermède goûteux et raffiné je retourne dans la salle de dégustation pour découvrir les très grandes cuvées du domaine Deiss :

Grand Cru Altenberg de Bergheim 2008 : le nez est fin et très complexe (fruits mûrs et fleurs), après une attaque assez souple, la matière s’épanouit et gagne en intensité et en volume pour atteindre une grande plénitude, la finale bien longue est marquée par une belle salinité.
Grand Cru Altenberg de Bergheim 2007 : le nez exprime une minéralité puissante et immédiate avec des notes de pierre, de craie et de zestes d’agrumes, la bouche est opulente avec un toucher très gras et une longue finale sur la mandarine et les fruits blancs très mûrs.



Décliné sur deux millésimes très différents, ce Grand Cru emblématique de Bergheim nous montre deux visages bien distincts : encore dominé par le fruit sur 2008 et déjà intensément minéral sur 2007.
Le terroir de prédilection de la famille Deiss avec sa base calcaire et son microclimat très solaire produit des crus généreux et expressifs qui se livrent avec beaucoup de facilité…on oublierait presque que ce sont avant tout de grands vins de garde.


Grand Cru Schoenenbourg 2009 : le nez est intense et ouvert sur les fruits jaunes très mûrs complétées par de petites notes d’herbes aromatiques, la bouche est charnue, concentrée mais sans aucune lourdeur sensible, la finale très longue laisse une impression de très grande profondeur.



Sur ce millésime solaire, le terroir marneux du Schoenenbourg a engendré un vin qui impressionne par son volume et sa structure. Opulent et sensuel ce Grand Cru commence à dévoiler son potentiel mais il va falloir encore attendre quelques années avant qu’il se livre pleinement. Très grande bouteille !
 

Grand Cru Mambourg 2009 : le nez est peu expansif avec un registre grillé et délicatement fruité où on devine aussi une petite touche de miel et d’herbes aromatiques, la bouche est dense et très tonique mais c’est la finale qui interpelle avec sa trame tannique longue et puissante.

 

Cette cuvée issue d’une parcelle plantée en haute densité (12700 pieds/ha) et conduite en vigne basse, sur le Grand Cru de Sigolsheim, dénote vraiment dans la gamme de crus que je viens de déguster. Avec sa matière concentrée, tendue et dotée d’une trame tannique vraiment impressionnante, ce vin exprime une minéralité profonde et virile…très loin de celle des autres Mambourg que j’ai eu l’occasion de déguster jusqu’ici.
 


Jean-Michel Deiss qui explique ses vins…un discours d’artisan, d’artiste et de scientifique qui éclaire parfaitement sa conception du vin d’Alsace.


Pour conclure :

- J’avoue, je suis toujours très enthousiaste, lorsqu’un grand domaine alsacien ouvre ses portes pour inviter les amateurs de vin à découvrir son travail et sa production.
A cette occasion, la famille Deiss et leurs collaborateurs n’ont vraiment pas économisé leurs efforts pour nous proposer une visite où se sont succédés des instants de gourmandise pure et des temps de formation durant lesquels ces vignerons militants nous ont fait partager leur conception du vin et leur amour des terroirs alsaciens.

- Au niveau de la viticulture, la mise en œuvre de pratiques exigeantes et respectueuses de l’environnement et une présence humaine quasi permanente dans les vignes permettent une récolte de fruits de très grande qualité qui portent en eux l’empreinte minérale de leur terroir d’origine.
A la cave, on entre dans un univers où règnent tradition, précision et simplicité : comme l’affirme Mathieu Deiss « avec des raisins de qualité irréprochable, le travail en cave est facile ».

- En ce qui concerne les vins, j’ai été frappé par l’énergie et la générosité qui se dégageait des différentes cuvées de leur gamme : la puissance, la densité et l’intensité de l’empreinte minérale qui constituent un véritable « leitmotiv » sur leurs crus « classés » se retrouvent même dans leurs vins génériques…goûtez leur « petit » pinot blanc pour vous en convaincre !
S’il fallait isoler quelques bouteilles marquantes de cette longue série je choisirais le Langenberg 2009 et l’Engelgarten 2010 pour leur force et leur salinité et le Schoenenbourg 2009 pour son expression à la fois jubilatoire et distinguée.

- Défenseur infatigable terroirs alsaciens Jean-Michel Deiss ne rechigne jamais à expliquer sa façon de concevoir son métier de vigneron : sa faconde et son immense culture en font un interlocuteur indispensable pour essayer de comprendre ce que doit être un grand vin d’Alsace.
Son fils Mathieu, que je rencontrai pour la première fois, m’a impressionné par la sagesse et la maturité qui émanait de son discours : voilà un jeune vigneron franc, direct et décidé qui n’aura aucun mal à perpétuer la tradition d’excellence du domaine Deiss.

- Mille mercis à tous ceux qui ont œuvré pour que cette journée soit une belle réussite.

 
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  Posté par P. Radmacher - 30/05/2013 - 15:00 - 3 commentaires - Edit
PERIPLE SUDISTE 2013


C’est toujours avec le même plaisir que je m’engage dans la troisième édition de mon périple annuel dans les vignobles du sud car, en plus du retour prochain de l’été et des beaux jours, il annonce toujours des rencontres humaines enrichissantes et de belles découvertes viniques.
Le programme 2013 est particulièrement dense puisque, en 5 journées je vais me promener tour à tour près de la colline de l’Hermitage, dans le Roussillon, dans le Languedoc, en Provence et en Ardèche…qui m’aime me suive !

Parcours traditionnel autour de Gignac
Domaine Supply-Royer à Arboras



A la sortie de la visite du Mas de Daumas Gassac, comme il me reste près de deux heures à tuer avant mon rendez-vous à Arboras chez Eric et Marie-Ange, je décide de remonter un peu dans les gorges de l’Hérault pour une petite promenade à Saint Guilhem le Désert : ce superbe village médiéval et ses ruelles piétonnes étroites qui mènent vers l’Abbaye de Gellone, possède un charme magnétique.



Une rue de Saint Guilhem le Désert


 


Vue sur Arboras en venant de Montpeyroux…pas mal non plus !


Juste avant de sonner chez les Supply-Royer, je fais un rapide crochet par les vignes au bas du village pour voir leur fameuse parcelle de carignans sur le lieu-dit « Les Intillères ».
 


Les Intillères…la parcelle pour la cuvée haut de gamme du domaine.


Quelques minutes plus tard, je me retrouve avec Eric et Marie-Ange sous la voûte de leur cave nouvellement agencée.
Nous commençons la dégustation par un tour complet des cuvées de 2012 : « pour nous ce fut un très beau millésime, avec de l’eau juste quand il en fallait… » mais où il ne fallait pas être pressé pour rentrer certains cépages qui ont mis longtemps à atteindre leur maturité physiologique « nous avons attendu début octobre pour rentrer les carignans et les mourvèdres ».
Au niveau des maladies c’est la syrah qui a le plus souffert cette année «  après une attaque d’oïdium nous avons été obligés de faire tomber un tiers de nos syrahs sur Pey Cherres ».



Eric Supply qui joue de la pipette pour commencer la dégustation des vins de 2012.


Au niveau hydrique, la vigne n’a que très peu souffert et les raisins avaient plutôt belle allure à la récolte : « des grains assez gros mais des jus bien équilibrés »…J’ai hâte de goûter çette série de 2012 !

La Roussane du Bramaïre : le nez est franc, précis et très délicat sur les fruits jaunes et la vanille, la bouche est charnue, juteuse et bien déliée avec une finale qui flatte longuement les papilles.
Ce vin qui allie richesse et buvabilité est encore très jeune mais montre déjà un caractère gourmand et charmeur très affirmé. C’est parti pour mon premier MIAM !

Le Bourboulenc de Nega Saumas 
: le nez est discret, un peu fermé mais qui laisse deviner une belle vivacité, la bouche possède une matière ample avec une minéralité bien large et une acidité traçante qui tient solidement une finale finement boisée.
Comme je l’avais déjà ressenti sur la cuvée 2011, ce bourboulenc est en train de prendre un style très bourguignon (venant de moi, ça reste un vrai compliment !) pour s’imposer comme un très grand vin blanc sec : matière élégante, élevage parfaitement intégré, structure acide mûre et puissante…
Maître Eric a frappé un grand coup !


Le Grenache du Badaïre : le nez est expressif et charmeur avec une palette qui évolue entre notes poudrées, chocolatées et notes de fruits rouges bien mûrs (très cerise), la bouche est souple, gouleyante avec un fruité bien croquant et une finale élégante et digeste.
Ce premier vin rouge de la série est étonnant…il ne correspond pas à ce que ‘ai l’habitude de goûter par ici ! Séduisant par son expression aromatique et son côté facile et glissant en bouche ce grenache est un pur bonheur. Je sirote cette petite friandise avec volupté, Marie-Ange également…mais Eric n’a pas l’air content « Je sais que c’est bon, mais ce n’est pas mon style de vin ! »
Décidément ce millésime 2012 réserve bien des surprises.


Le Grenache de Costa : malgré sa discrétion avec ses fines notes épicées, le nez donne une impression immédiate de concentration, la bouche est volumineuse, l’équilibre semble presque moelleux mais le toucher reste très grenu et la finale est puissamment tannique.
Vendangée une semaine avant la parcelle du Badaïre cette cuvée de grenache titre néanmoins une bonne quinzaine de degrés et possède un style méridional musclé qui plaît à Eric…personnellement je suis impressionné par la force qui se dégage de ce vin mais je reste quand même sous le charme du précédent.
Cette nouvelle parcelle située près de Pey Cherres a permis l’élaboration d’un grenache de grande garde qui se situe aux antipodes de la cuvée précédente : deux interprétations bien différenciées de ce cépage qui permettront à l’amateur de grenache de trouver un vin pour chaque occasion.


Le Mourvèdre des Crouzets : le nez est complexe sur un registre « noir » (mûre, cassis, réglisse…) et confit, en bouche on est surpris par l’élégance de cette matière assez opulente qui s’équilibre autour d’une trame tannique soyeuse et d’une pointe acidulée bien fraîche.
Comme chaque année la vigne des Crouzets a souffert et a fait souffrir Eric et Marie-Ange…mais comme chaque année le résultat est exceptionnel : avec un rendement de 13 hl/ha en 2012, cette parcelle a produit 2 pièces d’un vin d’une classe absolue. MIAM !

La Syrah de Pey Cherres : le nez offre une palette complexe avec un boisé subtil, des notes poudrées et épicées qui dominent encore un peu la discrète expression fruitée, la bouche est déjà bien en place avec une acidité large et une trame tannique d’une grande finesse qui équilibrent parfaitement la générosité de la matière, la finale est nette, digeste et longuement aromatique.
Souvent virulente dans son expression de jeunesse cette cuvée de syrah 2012 semble être née un peu plus sage : son énergie juvénile mais déjà si accessible aujourd’hui, nous ferait presque oublier que Pey Cherres est le grand vin de garde du domaine.
Voilà une des très grandes réussites de la gamme 2012 !


Le Carignan des Intillères
 : le nez est discret et raffiné sur les fruits noirs très mûrs (myrtille, mûre, cassis confits), en bouche on est immédiatement frappé par la qualité exceptionnelle du grain tannique qui donne au toucher un côté caressant vraiment irrésistible, la matière est mûre mais très élégante et la finale fraîche et précise étire un sillage aromatique très long où pointent des nuances minérales de très belle facture.
Pas besoin de rajouter grand-chose…cette cuvée « haut de gamme » assume pleinement son statut. Un vin magnifique !

Après cette série plus que prometteuse, nous continuons notre dégustation par quelques vins en bouteille du millésime 2011

Le Grenache du Badaïre : le nez est mûr et intense sur le chocolat noir et la cerise confite à l’eau de vie (un peu « Mon Chéri »), la bouche est puissante, presque violente, la finale est longue, bien aromatique mais un peu trop chaude à mon goût.
Cette cuvée qui se révèle bien plus fougueuse que sur le millésime 2012 bouscule mes papilles peu familiarisées avec ce type d’équilibre.
Ce grenache va certainement avoir besoin de beaucoup de temps pour trouver une personnalité plus sereine. Peut-être encore plus « vin de garde » que la syrah…


La Syrah de Pey Cherres : le nez est très discret avec un peu de réglisse et une touche boisée et épicée, en bouche le vin s’exprime nettement plus, les arômes se précisent et la matière puissante et concentrée se pose et s’impose, la finale ne faiblit pas longue et charpentée.
Ce vin tout en retenue au plan aromatique n’hésite pas à montrer sa musculature en bouche…cette syrah est un vin de très longue garde qui ne montrera sa vraie nature qu’après une longue garde. D’ailleurs, l’un des rêves d’Eric serait de pouvoir stocker cette cuvée durant quelques années avant de la proposer à sa clientèle : « beaucoup trop de gens pensent qu’un vin pas trop cher n’est pas fait pour vieillir…la plupart de mes clients boivent Pey-Cherres beaucoup trop tôt ».
En ce qui me concerne, c’est noté !


Le Carignan des Intillères : le nez est discret mais très raffiné avec une palette riche et complexe, en bouche le vin dessine une sphère parfaite, l’équilibre est optimal, les arômes s’épanouissent et se prolongent dans une finale vraiment éblouissante.
Je crois que je tiens ma plus belle quille rencontrée lors de ce périple 2013. Avec ce jus d’une beauté absolue qui a intégré parfaitement un élevage pourtant très ambitieux (100% bois neuf), ce vin de grande classe se livre avec simplicité et gourmandise tout en chuchotant des promesses de plaisir encore bien plus grand…Sublime !



La Roussane du Bramaïre : le nez est ouvert et charmeur avec une belle palette florale complétée par des notes de cire et de fruits jaunes mûrs, la bouche est puissante avec une texture très caressante et une matière généreuse mais sans lourdeur, la finale laisse persister longuement un beau retour aromatique très floral.
Malgré une vendange très précoce (fin août) cette roussanne avait atteint un potentiel de VT. Eric a choisi de la laisser fermenter jusqu’au bout (durant 10 mois) pour obtenir un vin sec mais d’une force peu commune (15°4 au compteur).
A la dégustation on est très vite séduit par la richesse de son bouquet et on s’étonne de la facilité avec laquelle ce vin riche et dense glisse en bouche sans laisser une sensation de pesanteur excessive. MIAM !!!


 


- Depuis l’année 2008 (déjà !), la visite annuelle chez Eric et Marie-Ange fait partie des étapes que je ne raterai sous aucun prétexte : ce couple de vignerons dont je ne me lasserai pas de vanter les qualités humaines, nous régale, millésime après millésime, de vins qui ont l’accent du pays tout en montrant, de plus en plus, une vraie nature de grands crus languedociens.
Bien sûr, depuis le temps, notre relation a un peu dépassé le cadre du rapport strictement « commercial » et mes commentaires sont surement empreints d’une subjectivité que je revendique complètement, il n’en reste pas moins vrai que la production très confidentielle de ce petit domaine atteint des sommets qualitatifs sur de nombreuses cuvées…Goûtez et dites moi si je me trompe !

- Si on excepte les 2 ou 3 « ovnis » comme le Grenache de Costa 2012 ou la Roussanne du Bramaïre 2011, on constate que ces deux derniers millésimes ont permis à Eric de réaliser des vins parfaitement aboutis avec des équilibres élégants et racés. Les syrahs sont d’une profonde beauté, les bourboulencs ont gagné en densité et en tension et la nouvelle cuvée de carignan est grandiose tout simplement : Les Intillères 11 et 12 font partie des plus beaux vins croisés durant mon périple 2013…mais je crois que je radote !

- Mille merci a Eric et Marie-Ange pour ces beaux moments partagés…et à l’année prochaine !

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  Posté par P. Radmacher - 20/05/2013 - 09:56 - 1 commentaires - Edit
PERIPLE SUDISTE 2013


C’est toujours avec le même plaisir que je m’engage dans la troisième édition de mon périple annuel dans les vignobles du sud car, en plus du retour prochain de l’été et des beaux jours, il annonce toujours des rencontres humaines enrichissantes et de belles découvertes viniques.
Le programme 2013 est particulièrement dense puisque, en 5 journées je vais me promener tour à tour près de la colline de l’Hermitage, dans le Roussillon, dans le Languedoc, en Provence et en Ardèche…qui m’aime me suive !


Journée « studieuse » au pied du Canigou
Domaine Danjou-Banessy à Espira de l'Agly


Après cette petite séquence de dégustation au domaine Padié effectuée en dehors du programme prévu par notre organisateur, nous avons fini par accumuler plus d’une heure de retard dans notre horaire prévisionnel : il est bien plus de 17 heures et notre rendez-vous au domaine Danjou-Banessy à Espira de l’Agly était fixé à 16 heures…alors fouette cocher, il va falloir remonter le temps !

Avertis par Dany de ce contretemps, les frères Danjou nous reçoivent souriants et détendus, dans leur maison où de gros travaux de transformation sont en cours.



Benoît et Sébastien Danjou au milieu du chantier…


Le programme de restructuration de leurs locaux professionnels leur permettra d’évoluer dans des volumes plus spacieux et plus fonctionnels…mais pour l’heure ils sont obligés de se débrouiller car dans ces conditions matérielles provisoirement précaires « c’est difficile car la moindre opération de cave est compliquée à mettre en œuvre…vivement la fin des travaux ! ».

En se faufilant entres cuves et échafaudages nous arrivons quand même à nous rendre dans le caveau de dégustation pour déguster quelques cuvées produites au domaine.



Dans le caveau de dégustation en compagnie des deux frères.


La Truffière VDP des Côtes Catalanes blanc 2011 : le nez très discret semble encore un peu fermé, en bouche la matière dense et juteuse es tenue par une acidité pure et tendue, la finale laisse persister de belle notes vanillées et finement fruitées.
Avec sa mise récente, cette cuvée issue de carignan gris sur un terroir de schistes à base calcaire, révèle une aromatique encore très fermée mais montre une présence en bouche de très grande classe. Grand MIAM à venir !

Coste Côtes du Roussillon blanc 2011 : le nez est discret mais déjà bien complexe, on y décèle des arômes de fruits blancs, d’amande fraîche et de craie, la bouche est d’un abord très avenant avec une texture bien glissante mais très vite la marque minérale se manifeste et se combine avec une délicate amertume pour donner un côté particulièrement sapide à la finale.
Cette cuvée 100% maccabeu, née sur un terroir à base calcaire riche en galets roulés, allie la gourmandise d’un fruit bien mûr et une présence minérale dont on ne ressent que les prémisses aujourd’hui.
Avec cette cuvée, les jouisseurs impatients pourront se régaler dès maintenant mais les amoureux de l’expression du terroir devront encore patienter un peu.

 


Roboul  Côtes du Roussillon rouge 2010 : le nez est élégant sur un registre très « noir » avec ses notes d myrtille, d’olive et de mine de crayon, la bouche est puissante avec une matière généreuse mais sans lourdeur, la finale est assez vive avec une trame tannique fine mais bien présente.
Issue de jeunes vignes de mourvèdre et de grenache sur un terroir de galets roulés et de tuffeau, cette cuvée marque les esprits par l’élégance très classique de son expression aromatique et par le raffinement qui se dégage de sa matière dense et juteuse.

 

La Truffière Côtes du Roussillon Villages rouge 2011 : l’olfaction est complexe avec des notes d’agrumes et une minéralité déjà très sensible, en bouche la matière est dense et puissante et la finale soutenue par une trame tannique serrée confirme le caractère minéral perçu au nez.
Conçue à partir de grenaches (vigne de 60 ans) et de carignans (vigne de 80 ans) récoltés sur des terroirs de schistes et travaillés en vendange entière, cette cuvée pleine de sève est imprégnée d’une marque minérale déjà bien profonde. Sa jeunesse et sa mise récente (il y a 3 semaines) lui confèrent un côté encore un peu sauvage mais les éléments en place sont plus que prometteurs…un peu de patience et le plaisir sera total !

Estaca VDP des Côtes Catalanes rouge 2010 : le nez est discret et raffiné avec des notes d’agrumes, de graphite et un fumé délicat, la bouche possède une chair opulente appuyée sur une structure puissante, la finale est longuement aromatique mais les tannins très virulents lui confèrent un côté un peu austère.
Cette cuvée issue d’une parcelle de grenaches centenaires sur schistes et travaillée en vendange entière est un monstre d’énergie : l’extrême densité de la matière et la violence de sa trame tannique en font bien évidemment un vin de très longue garde…Je pense qu’il lui faudra une bonne décennie en cave et peut-être la compagnie d’un daube provençale bien goûteuse pour l’assagir.



Pour poursuivre notre tourd horizon de la production du domaine, Benoît nous invite à déguster les vins en cours d’élevage :

Carignan 2012 : le nez est très surprenant avec des notes de fumé, de pierre à feu…et de pomme chips, l’attaque en bouche est avenante, la matière est riche et tonique, la finale ne semble pas encore tout à fait en place avec une aromatique un peu écourtée et une présence tannique bien rugueuse.
Cette vieille parcelle complantée mais à dominante carignan a engendré une cuvée qui s’exprime de façon très virile en ce moment : ce vin qui est en train de se faire n’a visiblement pas apprécié qu’on le dérange. Bien costaud mais bougon !

La Truffière Côtes du Roussillon Villages rouge 2012 : le nez est fin et discret avec des notes d’élevage sensibles, assez ronde à l’attaque la matière montre une belle concentration avec une structure acide solide, la finale est marquée par des arômes lactés (un peu caramel au lait) et par une trame tannique très virulente.
Cette cuvée est issue d’une vendange entière comme pour le 2011 mais est élevée en demi-muids neufs. La marque de l’élevage est perceptible mais le jus est très beau : grande densité, belle colonne vertébrale acide et tannins solides…on peut voir l’avenir avec confiance !

Estaca VDP des Côtes Catalanes rouge 2012 : le nez est fin et complexe avec de belles notes de fruits noirs et un boisé noble, la bouche est riche, puissante et concentrée avec une trame tannique très épaisse qui donne un côté assez rustique à la finale.
L’énergie débordante de cette cuvée élevée en bois neuf peut surprendre…et peut-être même agresser un peu les palais peu familiarisés avec ce type de vin. Mais on n’est qu’au début de l’élevage…Patience !

Mirande Syrah 2011 : le nez est superbe de finesse et de complexité avec ses notes de graphite, d’encre et une délicate touche fumée, la bouche est bien en place, dense mais très élégante avec une trame tannique serrée mais très mûre et une finale assez pointue qui revient sur des nuances fumées.
Récoltée sur un terroir argilo-calcaire cette syrah s’exprime déjà avec beaucoup de classe au niveau de l’aromatique (en fait elle me fait un peu penser à Pey Cherres d’Eric Supply), par contre elle a conservé la structure solidement charpentée qu’on retrouve dans les vins de ce domaine…MIAM aujourd’hui et surement bien plus dans quelques années !

Cinsault 2011 : le nez est discret et bien mûr sur la cerise à l’eau de vie, l’amande et le cacao amer, la tenue en bouche est de toute beauté avec une chair savoureuse tenue par une trame tannique fine mais solide.
Avec cette étonnante cuvée 100% cinsault on entre dans un autre univers aromatique, nettement plus solaire, mais la matière reste bien équilibrée avec une ossature tannique qui tient solidement l’ensemble.
Grâce à la qualité du travail des frères Danjou, ce cépage surtout connu pour produire de petits rosés légers (souvent fluets ou faméliques d’ailleurs…), a généré un vrai vin de terroir, profond et structuré. Belle surprise !


Malgré notre retard initial nous avons pu faire un joli tour d’horizon de la production du domaine Dabjou-Banessy…bien sûr il reste la gamme des Rivesaltes Rancio mais là il va nous falloir être raisonnable et remettre cette série pour une prochaine visite…
Juste pour exciter notre curiosité et créer le désir…Benoît nous sert un dernier verre :

Rancio Rivesaltes 2000 : le nez raffiné et évolutif s’ouvre avec des notes de raisin de Corinthe avant de développer un registre complexe sur les épices douces, le caramel, le tabac blond…, la bouche très charnue possède un grain velouté tout en gardant un équilibre très tonique, la trame tannique est fine mais bien présente et la finale très longue laisse un sillage où se mêlent des notes de raisin confit et de noix..



Wouah ! Malgré ses 12 ans bien sonnés qui ce Rivesaltes possède une énergie vitale fantastique même si la grande complexité aromatique trahit les premiers effets de la patine du temps…
Si les frères Danjou voulaient nous faire regretter d’avoir été obligés d’écourter notre dégustation, c’est pleinement réussi…mais nous reviendrons, foi d’alsaco !



Avec cette visite un peu écourtée chez les frères Danjou, nous terminons notre journée au pied du Mont Canigou de la plus belle façon qui soit : des vignerons accueillants et généreux qui parlent avec passion et sincérité de leur métier et de leurs vins…, que demander de plus !
Benoît (vigneron à plein temps) et Sébastien (professeur d’anglais et vigneron) mettent en commun leurs convictions et leurs énergies pour perpétuer une tradition viticole familiale en essayant de mettre en lumière la diversité des terroirs autour de leur village d’Espira de l’Agly.
Leurs vignes sont travaillées en suivant les préceptes de la biodynamie (sans revendiquer un label officiel). La taille et l’ébourgeonnage sévère permet un contrôle strict des rendements (20 à 25 hl/ha en moyenne) et la qualité des fruits récoltés offre la possibilité à ces vignerons de privilégier les vinifications en vendange entière.
En cave, les interventions œnologiques sont réduites : les jus effectuent leurs fermentations sans ajout d’intrants (sucres, levures…) et les vins ne sont ni collés ni filtrés. Après des élevages longs les vins sont très légèrement sulfités à la mise.
Dans toutes leurs interventions à la vigne comme en cave les frère Danjou recherchent une vraie proximité « physique » entre l’homme, la nature et le vin : à la vigne ils sont adeptes des outils traditionnels comme le sécateur à main ou la pioche et en cave ils privilégient l’utilisation de la gravité pour leurs opérations…leur nouvelle cave à plusieurs niveaux est conçue pour faciliter ces pratiques.

Leurs vins blancs sont des modèles d’équilibre avec une trame minérale qui imprègne leur structure dès leur plus jeune âge.
Les rouges sont complexes avec des matières denses, des expressions de terroir très profondes et des structures tanniques extrêmement solides.
Plus montagnards que méditerranéens ces différents crus exigent de la patience avant de révéler leur vraie nature.
L’impression de plénitude et de raffinement laissée par la seule cuvée Rancio dégustée m’a fait vraiment regretter que le temps soit passé un peu trop vite durant cette belle après-midi…voilà encore une nouvelle adresse à graver dans mon carnet de voyage vinique.

Notre longue journée dans le Roussillon se termine avec cette rencontre à Espira de l’Agly, il ne me reste plus qu’à redire ma reconnaissance à notre guide, pour le choix de ses adresses et pour la qualité irréprochable de son organisation.
Merci Dany…et à l’année prochaine, ou peut-être avant, en Alsace, qui sait…

Pour ceux qui voudraient quelques renseignements supplémentaires sur le domaine Danjou-Banessy je les renvoie à la lecture de l’article publié par Dany
CLIC.


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  Posté par patrickessa - 17/05/2013 - 11:30 - 0 commentaires - Edit

Montrachet 2000 Domaine de Laguiche - Maison Drouhin à Beaune

  Le grand cru Montrachet produit certains des plus grands vins blancs secs de Bourgogne et est sans doute celui qui de nos jours se vend le plus cher, tant sa petite surface est courtisée par les vignerons pour sa réputation multi-séculaire. Les bourguignons l'ont toujours placé un cran au dessus de leurs autres crus blancs en le désignant un peu comme le grand cru A de Côte d'Or, sa valeur étalon en quelque sorte.

Cependant boire un Montrachet à maturité est devenu une gageure car les quelques 30.000 bouteilles annuelles produites sont toutes quasiment réservées à l'avance par des buveurs qui ne partagent pas toujours leur fortune avec une fine connaissance des blancs de la région et de leur potentiel d'évolution. Objet de luxe destiné à accompagner des repas prestigieux, il glisse fréquemment dans des gosiers peu attentifs ou alors en admiration "par avance".Dommage.

Les quelques exemplaires que j'ai en cave sont toujours ouverts après un prélude qui mêle deux finages et qui se poursuit par deux autres grands crus, ce jour là un Corton-Charlemagne et Chevalier-Montrachet "les demoiselles". Je crois qu'il est important de percevoir le carcatère vineux évident de ce cru si éloigné des archétypes blancs mis en lumière aujourd'hui. Souvent très riche, peu acide et de texture visqueuse il a - un peu à la manière d'un Rangen en Alsace- une puissance formelle sidérante qui le rapproche? au niveau de sa matière, d'une granularité de vin rouge.

   Produit sur 8 hectares et partagé par les villages de Chassagne et Puligny-Montrachet, il est marqué par trois zones distinctes. La première, côté Puligny, regarde le levant, est assez peu inclinée et est composée d'un substrat argilo-calcaire brun/rouge. Elle donne les vins les plus équilibrés, fins et sensuels du cru. La seconde qui dispose de même substrat du côté de Chassagne verse vers le sud et est ainsi un peu plus solaire et précoce, elle donne des vins légèrement plus opulents et intenses. Enfin une petite zone incluse tardivement dans le cru et située sur Chassagne, se place au dessus du cru au sud en formant de petits enclos en terrasses, ce sont "les dents de chiens", le sol y est un peu plus pierreux et le caractère du vin s'approche quelque peu de l'élégance du Chevalier tout proche. Soyons prudent toutefois car les différences stylistiques sont ténues. Une propriété assemble ce dernier lieu-dit avec la partie Chassagne (Prieur)et seul les domaines Colin et Amiot produisent du "pur" Dents de Chiens.

 

En 2000 la Bourgogne a bénéficié d'un climat clément et d'une récolte abondante. Les raisins étaient sains et marqués par des degrés élevés et une bonne acidité, cela a conduit de nombreux observateurs a évaluer l'année comme excellente. Las, sur la durée, de nombreux vins ont connu des évolutions rapides et des oxydations prématurées et aujourd'hui le millésime se montre très inégal à l'ouverture. Le potentiel était pourtant grand et les flacons ayant parfaitement vieillis se montrent de haut niveau.

Celui-ci est encore marqué par des effluves de réduction qui demandent quelques temps d'aération pour révéler pleinement les senteurs du vin et sa noble origine. Mais passé ce cap un peu ingrat et si l'on a pris soin de l'attendre un peu, on découvre alors un vin frais jeune et fringant qui dispose encore d'une belle robe or à reflets verts. Sa bouche est très riche et onctueuse sans pour autant faiblir du côté de l'acidité qu'elle intègre dans une vraie richesse aromatique forale. J'aime ses notes de chèvrefeuille, de fleur de vigne et ses accents subtilement citronnés. Belle finale pour un vin qui a encore besoin d'un peu de temps sous verre. Très bien +

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