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Les Ardoisières, paradis en Allobrogie...
Cet été j'ai eu la chance d'être accueilli pour un après midi complet par un grand Monsieur. Il va détester que je dise ça mais je le dis quand même. Michel Grisard fait partie de ce que j'appelle les derniers des Mohicans. Oh, je ne fais pas référence à son âge car je ne le connais pas, et d'ailleurs pour entreprendre ce qu'il a fait et réalise encore au quotidien, croyez moi, il faut avoir 20 ans dans la tête, sinon on attaque jamais une montagne pareille... si je puis dire.
Derniers des Mohicans parce que dans un monde régit pas le profit, la gestion du risque, les besoins de rentabilité, les banquiers frileux, des gens qui osent, se risquent, ont encore le vrai sens de la terre, de la préservation et de la mise en valeur de celle ci, qui agissent pour leur « pays » - au sens local du terme -, qui veulent transmettre avec une telle force et conviction une histoire, des cépages, des vins, et finalement perpétuer la Civilisation du Vin, il en existe de moins en moins, en tout cas très peu.
Michel est celui qui a écrit un jour : "Je pense qu'un arbre pour avoir de belles feuilles et de beaux fruits doit avoir de belles racines. Autrement dit notre avenir s'enracine de notre histoire." Tout est dit. Donc Michel, pour te remercier de cet après midi de rêve que tu m'as consacrée, ce portfolio de ton bébé que tu as vu et fait renaitre.
Et je te tire mon chapeau pour tout ce que tu fais pour la Savoie.

Vignoble des Ardoisières en sa largeur, en terrasses, à la manière d'un Grand Cru Alsacien, lové entre différents versants de la Montagne voisine, dans un magnifique "couloir" de vert, à Cevins.

Comprenez vous mieux le nom du domaine ? A noter que ce type de sol n'est pas fréquent en Savoie du vin, d'où probablement une typicité à découvrir sur ce terroir... c'est au vigneron de prendre les décisions dans les années qui viennent pour interpréter ce "patrimoine" en fonction de l'idée qu'il s'en fait... Là qu'on voit que le terroir et son expression sont avant tout le fruit d'une interaction...

Tout est "carte postale"...

Mélange d'azur et de verdure, pour le bonheur des mirettes... dommage que je ne puisse pas vous faire sentir le bon air que l'on respire là bas...

En Bourgogne ça s'appelle un cabotte mais en Savoie....... fichtre de mémoire de châ qui flanche... Par compte on se verrait bien se lever le matin dans cette cahutte juste pour ouvrir les volets et se faire bouffer les yeux par le grandiose panorama...

En prenant un peu de recul on commence à comprendre ce que j'appelle panorama... et encore, là ce n'est qu'un "petit" bout...

Comme dirait Filduf, ça vère sévère, sur les pieds de Persan...

Ondes de vignes "canalisées" entre des murets de schistes hors d'âge... là on commence à sentir les vibrations, et surtout, on se sent bien minus au milieu de tout cela...

Frontières de schistes rattrapées par la nature, sauvage est il besoin de le préciser...

La relation plante/terroir c'est - en partie - ça : au sommet l'on voit des racines qui plongent et digèrent la couche superficielle du sol, pour en produire un résidu argileux qui s'agglomère autour de cette même racine...

A même la pente, coincé entre les pieds... la photo aurait été prise en Moselle Allemande, on y verrait que du feu...

La main de l'homme fait des miracles quand elle le veut et surtout perpétue un savoir faire séculaire...

Châtaignes, murets, échalas, vignes d'altitude et viticulture de Montagne, en fait... là aussi les mots ont du sens...

Plus beau que celui de L'Opéra Garnier à Paris non ? Plus dépouillé, moins rococo... que de la pierre tenue par de la pierre, comme si les schistes se donnaient la main...

Vertigineuse beauté savoyarde... épurée et riche, comme un grand vin...

Dans les mains du Papa des Ardoisières, un feuillage de Mondeuses blanche à gauche, plus brillant, feuille nervurée, et un feuillage de Mondeuse noire à droite, plus mat, lisse, bien découpé.
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Et la der : un homme en "prise directe" avec son terroir... là bas il est "comme à la maison"...

Voilà. Je parlerai des vins dans un autre post, car la beauté de la Nature et du travail des Hommes se suffisent à eux même, non ?
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Ils quittent un à un le pays Pour s'en aller gagner leur vie Loin de la terre où ils sont nés Depuis longtemps ils en rêvaient De la ville et de ses secrets Du formica et du ciné Les vieux ça n'était pas original Quand ils s'essuyaient machinal D'un revers de manche les lèvres Mais ils savaient tous à propos Tuer la caille ou le perdreau Et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer En voyant un vol d'hirondelles Que l'automne vient d'arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes Ils avaient monté des murettes Jusqu'au sommet de la colline Qu'importent les jours les années Ils avaient tous l'âme bien née Noueuse comme un pied de vigne Les vignes elles courent dans la forêt Le vin ne sera plus tiré C'était une horrible piquette Mais il faisait des centenaires A ne plus que savoir en faire S'il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer En voyant un vol d'hirondelles Que l'automne vient d'arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons Une année bonne et l'autre non Et sans vacances et sans sorties Les filles veulent aller au bal Il n'y a rien de plus normal Que de vouloir vivre sa vie Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires De quoi attendre sans s'en faire Que l'heure de la retraite sonne Il faut savoir ce que l'on aime Et rentrer dans son H.L.M. Manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer En voyant un vol d'hirondelles Que l'automne vient d'arriver ?
La Montagne
Paroles et Musique : Jean Ferrat 1964 "Jean Ferrat - Vol.1 (1999)"
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Le site du domaine : www.cavedecevins.fr
Et en attendant la suite, relire l'excellentissime post de Filduf sur l'autre domaine de Michel : Michel Grisard - Prieuré St-Christophe - Fréterive - Savoie
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