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Posté par patrickessa
- 28/06/2012
- 10:10
- 10 commentaires
- Edit
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Mildium, ou l'histoire d'un vignoble Cote d'Orien qui souffre...
L' improbable contraction du titre évoque bien entendu les maux conjugués du mildiou et de l'oïdium. 2012 est une année à risque de maladies pour la vigne, nous le savons depuis plus de trois mois grâce aux alertes que Coop et BIVB ne cessent de diffuser avec ferveur. Les deux organismes avaient raison sur toute la ligne car le temps incertain est un facteur qui ne se "contourne" pas et les traitements ont bien de la peine à juguler les attaques funestes de ce satané mildium. Pluie, froid,soleil,vent,nuage, grêle... Tous les éléments semblent se conjuguer pour faire émerger les funestes taches blanches sous les feuilles et la farine de l'oïdium sur les grappes. Ajoutez à cela une floraison irrégulière et de la coulure et vous comprendrez aisément quel est l'état du vignoble et de notre moral en ce moment.
J'étais optimiste - et le suis encore pour l'ensemble des vignes en coteaux- il y a 15 jours mais je crois que cette fois il est assez évident que les zones humides des parties basses ont vraiment subi des attaques grave et il sera très difficiles de les maitriser. Un vigneron me confiait il y a peu que les vignes avaient dans certains secteurs "basculés" d'un coup et que toutes les feuilles étaient parfois atteintes en deux jours! Dur de voir ces vignes pulvérisées de produit non systémiques se faire détruire à petit feu alors que six ou sept traitement soufre et cuivre ont été posés. Le luneur des justes qui ne désherbent pas et n'ont pas recours aux produits systémiques qui passent par la plante mais uniquement à des "contacts" est sanctionné sévèrement et cela sera sans appel!
Dans ce contexte la viticulture bio est évidemment la plus sensible potentiellement et je salue le courage de ceux qui s'accrochent à l'idée que le jeu bio vaut toutes les chandelles car il est utile à notre monde pollué. Quel courage il faut en 2012 pour "tenir" ces rangs sains et assurer en plaine une production qui risque de n'être que de subsistance.
Depuis 93 et 98 la Bourgogne n'avait pas connu aussi intensément ces difficultés, espérons que la situation s'arrangera dans les jours qui viennent... |
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| Posté par Filduf le 28/06/2012 à 16:48
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| La météo de ce printemps 2012 aura été tout sauf encourageante pour les plus progressistes, comme tu l'analyses bien dans ton post; cette énorme offensive mildiou/oïdium n'ayant que peu de précédents. Mais pour la coulure, massive en tout cas sur les pinots, elle a frappé semble-t-il surtout les plants fins de sélection massale (certaines vignes laissent voir des trognons de grappes avortées, comme des rafles sans raisins), alors que les pinots droits sont passés au travers sans dommage ou presque. "Je comprends mieux le succès des clones chez nos parents"...me disait hier un jeune responsable de vignoble...sans remettre en cause les choix actuels...mais un peu enervé tout de même.
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| Posté par patrickessa le 28/06/2012 à 17:27
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Oui c'est rageant! Cette année les domaines qui auront désherbes en
traitant de manière chimique seront recopensés et le pire... Les
clones de pinots droits qui de portent comme des charmes ....
Rrrhhhhzaaa. Il manquerait plus qu'une victoire de l'Espagne à l'euro!! |
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| Posté par Jaffuel le 29/06/2012 à 05:49
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Le pire est peut-être à venir... certains s'en sortiront mieux que d'autres pour des raisons diverses mais le message journalisitique délivré sera sans appel... le bio est à la mode et si le millésime est raté en bio, il est raté pour tous (cf saint-chinian 2011 et le commentaire rvf du millésime. Certains d'entre vous ont pu goûter sur fût ce millésime "raté" et en nt une tout autre idée).
Dany |
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| Posté par patrickessa le 29/06/2012 à 09:49
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Oui tu as raison Dany je suis en phase avec toi meme si je défends
l'idée qu'il faut continuer à essayer de vivre sa viticulture le plus
sainement possible. Je suis franchement pour l'absence de chimie sur
nos plants et convaincu qu'il est nécessaire de respecter nos sols. Je
suis en revanche opposé à cette idée citadine et meme plutôt
parisienne qui érige les vins "naturels" au rang de seuls vins qu'il est
permis de boire avec son intellect" libéré". C'est un courant passager
qui est impulsé par des cavistes et restaurateurs malins qui surfent
sur un idéal naïf. Vous voulez de l'air pur... Buvez le!
Je ne parle évidemment pas de tous les citadins mais plutôt de ceux
qui ont besoin de plus de savoirs sur le vin et qui se tournent
naïvement vers de roués vendeurs...rien de méprisant à leur endroit
mais ce sont les mêmes qui avec toute la famille partent sur les vélo-
routes en plein midi pour profiter des rayons - très - solaires de la
campagne bienfaisante. Ils passent chaque jour devant ma maison-)) |
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| Posté par thierrymeyer le 29/06/2012 à 11:59
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Prendre des risques dans les vignes au nom d'une volonté farouche de respecter la nature est
plus que respectable.
Mais qui dit risque dit possible incident. Et le vigneron doit savoir rester cohérent à ce moment,
en assumant le risque qu'il prend et en ne produisant pas de vin quand c'est raté.
Proposer un vin déviant en expliquant au client que c'est le résultat du choix délibéré de ne pas
intervenir efficacement sur une vigne malade, et que ce choix justifie à l'amateur authentique
d'acheter ce vin pour soutenir le vigneron, c'est tout simplement transférer le risque initial vers
le client. Sans parler de l'escroquerie intellectuelle que cela représente, avec des commentaires
élogieux du style "c'est pas si mal pour le millésime".
Heureusement les naturistes alsaciens ont dans leur majorité plus tendance à ne pas produire
quand ce n'est pas bon. Même s'ils en payent le prix coté finances.
Thierry |
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| Posté par enema le 29/06/2012 à 19:36
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Bonjour,
Par ici, la situation est certes un peu différente car nous sommes aidés par un climat un peu plus sec. C'est aussi bien plus pluvieux que d'habitude, avec de belles attaques de mildiou, mais tout de même pas aussi catastrophique, nous avons des périodes sèches, chaudes et avec vent pour couper les cycles du mildiou, et bien heureusement! L'oidium est quant à lui absent.
Bref, tout ça pour dire que contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est plutôt en bio que les vignes souffrent le moins. Pas tous bien sûr, mais la plupart. Le duo enherbement total et vigueur faible, bien que dur là aussi à assumer côté finances, nous sauve la mise comme il nous l'avait sauvé aux vendanges 2011. Nous faisons des tests sur nos traitements avec la chambre d'Agriculture, avec un témoin non traité, qui n'a pas plus souffert que les rangs traités... quelques grappes de mildiou de ce, de là, mais pas plus. Quand je demande à la technicienne si cette parcelle est beaucoup plus touchée que les conventionnelles qu'elle observe dans les alentours, elle me répond qu'on est dans la moyenne voir qu'on trouve bien pire... même pour le rang non traité, en année difficile! Comme quoi, quand le travail préventif est bien fait, tout devient plus facile. Par contre, avec des traitements aussi légers, c'est clair que les rares pieds plus vigoureux (bordures ou autres) ont bien souffert. Le raisonnement inverse vaut en conventionnel: sur des vignes à fort entassement de feuillage, même avec les pires produits systémiques, impossible de maîtriser la maladie...
Voilà mon petit apport, car je ne voudrais pas que l'on croit qu'en bio on a forcément plus de risques de maladies. On gère ce risque de manière différente, c'est tout. Ce qui n'enlève rien au fait qu'à vigne gérée de la même façon, avec moins de traitements on aura toujours plus de maladie...
Florian
P.S: mais comme dit plus haut, le climat n'est pas le même qu'en bourgogne et je ne sais pas si c'est transposable...
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| Posté par patrickessa le 29/06/2012 à 22:16
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Le climat est certes différent mais surtout nous avons des densités de plantations beaucoup plus élevées et des vignes basses. Cela n'a donc que très peu à voir.
Il me semble d'ailleurs que vos densités - et donc les rendements par pieds qui sont pléthoriques, je suis à chaque fois éffaré quand je visite vos vignes -sont vraiment le maillon faible de votre vignoble...hélas! Cela dit cela a tout de même des avantages si la bio peut s'en sortir aussi bien que le conventionnel dans des années comme celle-ci. Tel n'est pas le cas sur ce que j'observe ces derniers jors en Bourgogne, looin s'en faut. |
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| Posté par enema le 30/06/2012 à 08:35
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Absolument Patrick, chaque système a ses avantages et inconvénients!
Plus que la densité de plantation, je pense que la hauteur des vignes a une influence sur le mildiou. La densité haute au contraire, avec une charge par pieds nécessaire très faible, devrait permettre de travailler à vigueur faible, et également de bien répartir le feuillage, ce qui serait plutôt positif dans la prévention pour le mildiou? Ou un facteur m'échappe?
Je fais également des essais à densité haute, mais il faut trouver le bon équilibre. Je veux absolument garder assez de largeur de rangs pour faire un bon travail du sol, car il est primordial à mon sens de garder ce sol couvert par la végétation. C'est raiment une assurance contre les extrèmes climatiques, dont on se félicite vraiment chaque année en ce moment: contre les excès de pluie, garde l'humidité en cas de sécheresse, prévient l'érosion en cas de gros orages, les coups de chaleur, sans compter qu'il est indispensable à la vie du sol. Il me faut donc trouver un moyen de garder cela tout en augmentant la densité... pas facile!
Florian |
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| Posté par shazam le 30/06/2012 à 18:32
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Bonjour,
Dans le sud-ouest, les conditions climatiques ont été difficiles (mais
moins qu'en Bourgogne) et les attaques de mildiou nombreuses. Je
constate comme Florian que (pour le moment) les vignes en bio ne sont
pas en plus mauvais état que les vignes en conventionnel, mais ceci au
prix de nombreux traitements.
Quelques précisions sur les impacts du mildiou et de l'oïdium sur le vin :
- les attaques de mildiou sur feuille, si elles sont massives, ont une conséquence sur la maturité de la récolte, - l'oïdium, si il touche les raisins a un impact direct sur le vin : goût terreux, de champignon, - les attaques de mildiou sur grappes ont une conséquence directe sur le volume produit et pas sur la qualité de la vendange.
Il me semble que compte tenu des moyens dont on dispose en bio, le risque le plus élevé est de ne pas réussir à contrôler les attaques de mildiou sur grappes. Et donc plutôt de subir une perte de récolte que de produire un vin de mauvaise qualité. Dans notre région, la floraison a été très hétérogène et cela aura aussi une conséquence plus ou moins importante sur la qualité du millésime, que le vigneron soit bio ou pas.
D'autre part, je rappelle qu'on peut cultiver du raisin en bio sans faire du vin "naturel" et que (tout en approuvant totalement ce qu'écrit Thierry) la mise sur le marché de vin de mauvaise qualité n'est pas l'apanage des producteurs bio ou de vins naturels.
Olivier Lambert
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| Posté par Romain le 02/07/2012 à 11:10
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Bonjour,
L'année s’annonce très hétérogène en France.
Dans le Nantais, le soucis est plutôt les sorties très faibles, il n'y a pas plus de 35 hl de moyenne dans les vignes mais avec des variations de 10 à 50. La faute à une fin d'année 2011 délicate (aoutement difficile) un hiver absent jusqu'en février et un avril frais/pluvieux au moment du débourrement. Depuis mai les températures sont plutôt fraîches (18/22) avec un temps généralement couvert, venteux mais peu de pluies. On est loin des phases chaudes et humides de l'est. L'état sanitaire est globalement bon même s'il exige plus d'attention que l'année précédente. Le problème fut plutôt de trouver des créneaux pour le passage des engins en avril début mai et aussi gérer certaines adventices. Il y a plutôt une pression black-rot, les premières tâches de mildiou sont là mais la pression est maitrisée autant en conventionnel qu'en bio. Très peu d'oïdium mais le Melon est peu sensible (il craint surtout le combi Mildiou/Botrytis). En revanche l'année s'annonce tardive, une période de chaleur fin juillet début août serait bienvenue.
@+
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