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Carnets de dégustations : nouvelles classées

  Posté par Claux - 04/01/2007 - 01:29 - 9 commentaires - Edit

Bonne année à tous les Décéiens. Je souhaite particulièrement un grand millésime 2007 aux nombreux vignerons qui fréquentent le site, de quelque région mondiale qu'ils soient !

Pour apporter ma contribution au chapitre Chassagne Montrachet, voici quelques unes des bouteilles du cru bues durant ces fêtes. Merci aux généreux tirebouchonneurs... Désolé pour les notes aromatiques, cet exercice est trop complexe pour moi, je déguste plus par impression d'ensemble que par vision du détail...

Chassagne Met 1er Cru Embrazées 1983 (MG) B. Morey : comme à son habitude, ce vin se voit accompagné d'un foie gras mi-cuit pour accompagner le caractère spécial des blancs du millésime type nez de liquoreux et bouche sèche (en sucres) dûe à un botrytis très présent. Le nez est toujours aussi puissant, ouvert, notes de sures. La bouche eszt moyennement longue et le vin commence à tracer un peu avec une évolution commençant à pointer. Bien +

Chassagne Montrachet 1er Cru Grandes Ruchottes 1999 B. Moreau : bu en parallèle avec un Corton Charlemagne de la même année de L. JADOT, ce vin est d'emblée très grand. Un nez légèrement réduit, s'ouvrant sur une grande complexité. La bouche est franche, avec une acidité très intégrée, une superbe fraicheur et une impression minérale remarquable. Très grande longueur, supérieure au Charlemagne que je trouve plus chaud, plus sudiste, moins équilibré quoique très bon. Très bien +.

Chassagne Met 1er Cru Champs Gains 1987 (MG) J.M. Morey : j'ai choisi ce vin car j'organisait un diner avec mes amis vignerons du cru et voilà une année que l'on rechigne souvent à ouvrir. La couleur est encore assez pâle, sans note d'évolution. Le nez est bien ouvert, sur le chèvrefeuille, la fougère. La bouche est à point, ronde malgré le millésime un peu pauvre, avec une belle longueur. Le vin est unanimement salué et j'avoue que je suis très heureux de cette découverte. Bien/Très bien.

Chassagne Met 1er Cru Embrazées 1985 (MG) B. Morey : encore un vin à point, avec un nez légèrement réduit, puissant. La bouche est riche, comme souvent avec ce millésime, il semble prêt mais c'est le cas avec ce millésime depuis bientôt 20 ans, donc on verra la prochaine fois ! La longueur est bonne et le vin donne une belle minéralité sur ce terroir plutôt frais. Bien +.

Deux merveilles pour finir, bues en parallèle et un apport aux travaux de Patrick sur le millésime 1996 sur ce secteur.

Mais avant un Batard Montrachet 1978 (MG) A. Morey : là, le terroir parle en grand. Ce vin est toujours aussi jeune dans l'esprit, sur un très beau millésime au domaine. Grande complexité du nez, bouche longue avec une fraicheur toujours là et un gras qui lui non plus ne s'est pas consumé. C'est très long et le magnum glisse tout seul. Très bien +.

Batard Montrachet 1996 (MG) B. Morey (mise du négoce) : la provenance des moûts n'est pas donnée, secret bien gardé pour pouvoir continuer à avoir la confiance de ses partenaires vignerons mais ce Batard est né dans les beaux quartiers du cru ! Couleur peu évoluée, avec un premier nez qui semble évoqué une mise de la veille (!) par son étonnant côté floral et frais. Le vin n'est pas carafé et un peu frais. En évoluant, le nez se complexifie à vitesse grand V et prend sans problème les notes goudronnées si typiques des grands vins de la colline. On y est. Le vin est très net. La bouche attaque vive, très minérale et sèche, sur l'extrait sec. Très longue, puis après 15 minutes, le gras s'empare du vin pour enrober l'ensemble. L'évolution confirme que cette bouteille (ou plutôt cette double bouteille) est taillée pour une garde importante. Je ne saurais dire combien de décennies mais je pense qu'il y en aura pas mal... Très bien +++.

Montrachet 1996 (MG) Ramonet : Bon là, c'est encore plus grand ! Les Montrachet du domaine sont toujours énormes (sauf en cas de problème bien sûr et j'imagine que celà arrive) de minéralité et d'expression du terroir pour moi, souvent plus durs que ceux de M. COLIN ou G. AMIOT en dégustation pure, mais à table ils ne m'ont que rarement déçu. Le nez est tout de suite sur la colline, mais avec une fraicheur remarquable. L'évolution dans le verre continue sans arrêt et le vin se renouvelle sans cesse. La bouche est splendide, avec une acidité et surtout une minéralité saillante, avec un vin qui ne flirte jamais avec la lourdeur, le gras en pointillé restant toujours en soutien et étirant la bouche pendant de longues, très longues secondes (en fait on est plutôt proche de la minute...). Vézelay dans son plus simple appareil, rien de superflu et immense. Définitivement Hors Classe.

 

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Carnets de dégustations : nouvelles commentées

Posté par patrickessa le 04/01/2007 à 11:17
Décidément le millésime 96 n'a pas fini de déchaîner les passions. En dépit de ce compte rendu élogieux que je respecte infiniment, l'année ne me paraît pas être de haut niveau...mais c'est affaire de sensibilité sans doute !

Posté par LBF38 le 04/01/2007 à 13:31
Merci Claux pour cet intéressant compte rendu et aussi pour la piste d’accord entre le coté botrytisé des 1983 et le foie gras mis-cuit. J’ai également le souvenir d’un Meursault Bouches Chères 1983 dégusté en Mai 2005 au Domaine Buisson-Charles qui présentait un nez de Bergeron et d’épices douces pouvant en effet évoquer un liquoreux, la bouche tranchait avec cela par son équilibre sec ou « presque sec » car il y avait peut-être bien 2 ou 3 grammes de SR dans la bouteille. Par contre, le vin ne s’essoufflait pas du tout et je l’avais trouvé très jeune, comme figé dans le temps…

Posté par Claux le 05/01/2007 à 12:58

Patrick, je suis en effet d'accord avec toi pour la grande majorité des 1996 dégustés, souvent difficiles à se mettre en place et issus de raisins mûrs par concentration finale (vent du Nord très présent si mes souvenirs sont bons), j'oserais presque le terme d'"essorage final". Finalement, on peut se demander si ce vin n'aura pas une vie type 1983, à savoir de vin concentré l'un par le botrytis, l'autre par évaporation de l'eau des baies. On trouverait donc des vins sur des nez différents, plus typiques sur 1996, mais avec des bouches de même style, traçantes et rigides, avec une acidité surreprésentée par rapport à l'équilibre général du vin. 


Posté par Claux le 05/01/2007 à 13:00
Cependant, pour les deux vins ci-dessus, on touche vraiment à une autre dimension avec un effet millésime présent mais vraiment dominé par l'expression de ces terroirs très particuliers.

Posté par Giuseppe le 06/01/2007 à 20:32
Meileurs voeux 2007 à tous les DCiens.
Merci Claux pour ce magnifique et passionnant compte rendu. J'ai été
intrigué par cette phrase: "....mais ce Batard est né dans les beaux
quartiers du cru ! " Je suppose que dans ce prestigieux climat tout est
bon, mais que même dans l'excellence il peut y avoir des nuances. Se
situent-elles au niveau de la composition du sol ou bien de l'exposition?
Merci beaucoup d'avance pour la réponse.
Bien cordialement
Giuseppe

Posté par Guests le 06/01/2007 à 21:49

Giuseppe,

sans parler pour les spécialistes, le Bâtard est un Grand Cru GRAND par sa surface, surtout si on lui ajoute ses deux "subdivisions" qui sont - côté Puligny - les Bienvenues et côté Chassagne les Criôts et qui - historiquement - en ont longtemps fait partie avant d'en être - après bien des péripéties - "séparées". (Lire MONTRACHET de Jean François Bazin, Editeur : J. Legrand, Collection : Le Grand Bernard Des Vins De France). A noter dans la même collection le remarquable ouvrage du même auteur sur le Chambertin et aussi un autre sur le Clos Vougeot.

  • BÂTARD-MONTRACHET : 11,12 ha
  • BIENVENUES-BÂTARD-MONTRACHET : 3,73 ha
  • CRIOTS- BÂTARD-MONTRACHET : 1,57 ha
  • MONTRACHET 7,89 ha
  • CHEVALIER-MONTRACHET 7,62 ha

Si on assemble ces trois derniers, on arrive à plus de la moitié de la surface "des" Montrachet. On peut donc facilement imaginer que ce vaste cru n'est pas parfaitement homogène et qu'il y a des zones plus "qualitatives" que d'autres (un peu comme le Clos Vougeot ?). J'imagine que plus on "remonte" vers le Montrachet, plus les raisins gagnent en maturité et les vins en personnalité...

Pour ce qui est des différences géologiques, d'exposition, et climatologiques, je laisse cela à Patrick, Claux, etc...

Nico


Posté par Guests le 07/01/2007 à 11:42

Bonjour le Châ

D'autant plus que certains producteurs de Chassagne même (JP Cournut au Chateau de la Maltroye pour ne pas le nommer) considère que les Criots devraient être un "Premier Cru" (dixit).

Mais cela reste une affaire de pros, et je ne m'en mèle pas (car je n'ai sans doute pas la compétence pour distinguer un "bon" Grand Cru d'un "Moins bon" !)

Bruno


Posté par Giuseppe le 07/01/2007 à 21:02
Merci Nico pour ces explications très claires et la référence des livres
Montrachet, Chambertin et Clos de Vougeot.
Bien cordialement
Giuseppe

Posté par rougepinot le 09/01/2007 à 00:24
 Mes Meilleurs Millésimes à tous pour cette nouvelle année !
________________________________________________________________

Très beau compte rendu de dégustation de CLAUX qui donne très envie...
Au sujet du 1996 en blanc, est-ce que 2 ou 3 années de plus serait plus bénéfique
sur ce type de Bourgogne ?

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