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Elle est arrivée ces jours ci et se montre "plurielle" comme à son habitude : des enquêtes détaillées, des portraits, une interview d' Eloi Dürbach par Olivier Poels, des comptes rendus , les états d'âmes de Michel Bettane, le sérieux encyclopédique de Thierry Dessauve qui abandonne pour un numéro son humour distancié,une enquête sur les meilleurs sommeliers et les concours, la bouteille secrète nouvelle... et la bourgogne des négociants.
Quelques mines sympathiques émergent de l'enquête sur les négociants et je suis particulièrement heureux de voir le travail de certains mis en valeur : Dimitri Bazas chez Champy,Nicolas Potel, Alex Gambal et son maitre de chai Fabrice Laronze, Franck Grux chez Olivier Leflaive.
Un numéro qui ne néglige pas les terroirs non plus avec une analyse détaillée de la côte des Blancs.
la rvf suit son bonhomme de chemin et l'on découvre de petits changements au détour des pages : Cantenac et Kennel prennent du galon, Maurange de l'envergure,Michel b devait être en vacances et Thierry D a dû bouquiner sur la plage.
Patrick
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Je t'avoue que l'enquête sur les négociants bourguignons m'a vraiment laissé sur ma fin.
J'aurai aimé y lire des interviews sur ces négociants concernant leurs choix de vinification, d'évolution des vins et des goûts, leurs visions des terroirs...
Bref, les vins de ces grandes maisons qui sont souvent ceux que les amateurs peuvent le plus facilement acheter et donc boire n'ont guère eu la possibilté de s'exprimer en profondeur sur l'évolution de leur profession depuis quelques années.
Pour moi, cela a été un rendez-vous manqué.
Xavier |
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je n'avais pas la responsabilité de ce dossier qui a été confié à F.Kennel. Pour ma part, j'ai participé à la scéance de dégustation et rédigé les notes de qqs maisons (Gambal, Leflaive, Vougeraie, Bader Mimeur). Je vous livre donc ici qqs réflexions qui n'appartiennent qu'à moi et qui découlent de la dégustation à laquelle j'ai participé: 1) Le niveau qualitatif moyen de la dégustation était lamentable. En dehors des 15 maisons de négoces retenues, les autres affichent un niveau moyen qualitatif très médiocre. 2) Je suis tout à fait d'accord sur le fait que le négoce représente l'image de la Bourgogne: le volume de leur production permet une large diffusion et une visibilité. Il est donc d'autant plus triste et inquiétant que cette vitrine soit aussi pittoyable. Il n'existe aucune autre région en France dont qui soit dans pareille situation. 3) Cela entraîne donc des questions: les propriétaires de ces maisons ont ils conscience de la médiocrité de leurs vin, s'en contentent-ils sous pretexte que cela se vend bien? Le grand public, a-t-il encore une idée de ce qu'est un "vin de Bourgogne" pour accepter de se faire refiler les productions indignes de ces producteurs peu scrupuleux.
Ouvrons le débat. |
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J'avoue ne pas avoir pensé à réaliser une critique du journal, mais plutôt à donner un apperçu de ce qu'il contenait. J'étais au courant du niveau de la dégustation car Olivier était passé par Meursault juste après. Non je voulais juste souligner que certaines maisons font du bon travail et qu'en général les mêmes noms sont sur toutes les lèvres dans le cercle réduit des dégustateurs bourguignons.
Si l'on constate un niveau général faible Il faut se poser les bonnes questions aussi :
1/Le négoce fait-il de meilleurs vins avec les cuvées issues des vignes qu'il a en propriété ?
2/Comment les vins sont-ils achetés : sur pieds, en raisin, en moûts,en élevage,élevé ou sur pile ?
2 bis / Ne faudrait-il pas distinguer ces origines dans les dégustations ?
4/Les petits négociants ont fait monter les prix des achats sur les crus confidentiels et donc introuvables, cela ne se fait-il pas au détriment de achats des autres ?
5/ De plus en plus de vigneron ouvrent un négoce à côté de leur activité principale de vigneron récoltant. Le but est de racheter les raisins des propriétaires dont ils sont fermiers. N'y a t'il pas là un signe évident de poursuite de qualité ? Mais dans le même temps de belles cuvées échappent aux principaux négociants de la place.
6/Sur le plan des vinifications de nombreux achats variés ( plusieurs source pour un même cru parfois , cela êtant dû au morcellement historique du vignoble) empêchent-ils d'avoir une homogénéité dans les cuvées ?
Les styles classiques et modernes n'existent pas dans le négoce bourguignon, il y a plus souvent un style "maison", une sorte de signature qui est admise par les clients je suppose , dès lors pour entrevoir la qualité réelle des maisons je pense qu'il faut aussi se demander quelle est la "ligne" de celle-ci ? Jadot a toujours produit des vins fermes, Latour oeuvre sur l'élégance,Drouhin sur le classicisme bourguignon de toujours, Bichot alterne les styles depuis quelques années mais s'engage résolument dans la voie d'un classicisme bien pensé etc...Qu'en est-il de ces jeunes maisons qui arrivent avec des compétences oenologiques nouvelles et des idées peu influencées par une culture historique du vin ?
Dommage que cela n'apparaisse pas vraiment - et là d'accord avec toi Xavier - mais était-ce le but de ce tour d'horizon ? Je ne le pense pas, car en fait cela requière autre chose que trois jours de dégustation non-stop... Une vraie enquête est à faire , cela viendra un jour sans doute.
Florence Kennel pourrait sans doute nous éclairer car c'est elle qui a assumé la responsablité de ce dossier. |
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Juste une remarque à Mr Poels.
Vous avez dégusté de nombreux vins de très mauvaise qualité, indignes de leur appellation.
Vous avez selectionné les meilleurs négociants en indiquant à vos lecteurs que les autres manquaient d'homogéneité ou produisainet des vins peu recommandables.
Pourquoi la RVF ne va pas jusqu'au bout de son raisonnement? tout le monde aura oublié d'ici 1 mois les négociants dont vous avez cité les noms en indiquant simplement qu'ils n'offraient pas une gamme intéressante.
Alors que si vous aviez cité les cuvées avec un compte rendu très défavorable, cela aurait eu à mon sens une autre valeur.
Les lecteurs auraient pu clairement identifier les producteurs peu consciencieux et là vous auriez fait preuve de salut public et pourquoi pas, par cette mauvaise publicité, mettre une pression sur ces négociants pour qu'ils changent dans le bon sens du terme.
Le fait de ne parler qu'indirectement de ces négociants en leur épargnant une véritable critique renforce, à mon sens, leur passivité (pourquoi changer? on vend du mauvais vin et même les critiques n'en disent rien).
Ce n'est alors qu'un cercle limité d'amateurs qui sait et cela ne va pas dans le sens de la philosophie de votre journal qui souhaite intéresser les passionnés mais aussi les amateurs occassionels du vin. Xavier |
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Xavier,
Nous préferons encourager ceux qui travaillent bien en les mettant à l'honneur. Je ne serais, pour ma part, pas hostile à "muscler" quelque peu le propos à l'égard de ceux qui diffusent des vins indignes. Oui, les vins de Patriarche que j'ai dégusté me semblent bien loin de l'image que je me fais d'un grand Bourgogne. Il n'eut, en effet, pas été déplacé de le stipuler en toutes lettres ds le dossier (je vs répète que ce n'est pas moi qui l'ai fait), mais encore faut-il que cela serve à quelque chose. Je ne suis pas certain qu'un article au vitriol aurait fait changer de cap cette maison aux traditions bien établies. Quant aux amateurs en quête d'informations, la lecture des notes de dégustation leur pemettra de faire des choix justes.
Quant à mon point de vue sur la chose, il est simple: la Bourgogne est un bon business bien rentable, on peut encore, profitant de l'ignorance des gens, vendre fort cher des piquettes imbuvables. Le morcellement, les techniques de vinification, la compréhension des terroirs ou l'achat de vins sur pile ont bon dos. C'est avant tout une question de politique marketing et de choix d'orientation stratégique. Cela ne durera peut-être pas éternellement, du moins je le souhaite, car ces terroirs méritent autre chose. |
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et pan sur le goulot!!! celà nous ramène au débat engagé par in vino veritas "il est dur de trouver des bons bourgognes" si l'on n'est pas très initié et bourguignon car les vins de bourgogne circulant en france hors bourgogne sont en majorité issus du négoce,cet aticle et donc très instructif pour une majorité des lecteurs de la rvf lassés du tir aux pigeons bourguignons (de certains bourguignons) |
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Je n'ai pas encore lu l'article mais je crois que pour expliquer ces différences, il faut garder à l'esprit la différence énorme dans les quantités de vin produites par les appellations régionales, le Maconnais, la Cote Chalonnaise, l'Yonne, et les vins de la Cote de Nuit et de la Cote de Beaune d'appellation village au minimum dont nous parlons souvent.
La majorité des vins de Bourgogne n'est pas issue de la Cote d'Or, même si c'est de ces vins que l'on parle le plus.
Thierry |
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Il faut aussi remarquer que pour les négociants sélectionnés, si l'on exclut ceux qui font uniquement ou quasiment uniquement du négoce (Gambal, Laurent...), les vins retenus sont généralement (certes pas toujours) des vins du domaine. Alors finalement, quelle était la casquette de Jadot, Fèvre, Faiveley, Bouchard... propriétaire ou négociant (à ce propos, que fait la Vougeraie dans cette sélection, même si le domaine appartient à un négociant ?) ? Est-ce qu'Olivier Poels pourrait nous dire si le fait que les vins sélectionnés sont en majorité des vins du domaine provient de ce que ces négociants ont choisi de n'envoyer que des cuvées de leurs domaines, et dans ce cas, s'auto-censurent-ils ? Ou bien est-ce que les vins de négoce n'ont pas été retenus ? Bien qu'il soit très intéressant d'évaluer le travail des négociants en tant que propriétaire, ça ne dit pas nécessairement beaucoup de choses sur leur qualité de négociant. Je ne porte pas de jugement sur le négoce bourguignon, ni sur ses représentants les plus connus, simplement je m'interroge. Benoît |
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Les maisons ont présenté des vins issus de leurs propres vignobles, mais aussi issus d'acahts de raisins, de moûts, voire de bouteilles sur pile. Il est effectivement amusant de constater que ce sont souvent les cuvées issues de leurs vigns qui sont les meilleurs. Latour fait fureur avec ses Corton Charlemagne, Faiveley avec ses Cortons "Clos des Cortons". Ce qui prouve -si c'était encore nécessaire- que pour ces maisons sérieuses, il est plus facile de faire du bon vin, en quantité, lorsqu'on maîtrise la totalité de la chaîne de production. Nous avons conservé la Vougeraie, car ce domaine est intimement lié au négoce, 100% propriétaire de la famille boisset, dont les autres vins ont été loin de nous convaincre. |
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