Un anniversaire, quelques becs fins, le premier repas de l’année sous la tonnelle et voilà l’occasion d’aller piocher dans le casier 1959 histoire de vérifier si les odeurs de poulailler et de poussière sont compatibles avec nos humeurs printanières.-) Un Champagne Armand Viot 89 et un Meursault Clos de Mazeray blanc de chez Prieur parce que l’appéritif et les entrées, çà existe, et voilà les ancêtres (pour accompagner un simple roti de boeuf / gratin dauphinois et une Prétentaine: spécialité chocolat, amandes, nougatine broyée de notre chocolatier-patissier vedette: Michel Belin) -Volnay village(Calvy-Grancourt). Debout depuis la veille, bouchon qui s’effrite bien sùr, la moitié de celui-ci tombera finalement dans la bouteille :-( Robe sombre et trouble (on dirait presque du café) Nez très envahissant de madère; une forte aération le dissipera un peu et nous permettra de découvrir une belle odeur de champignon et de (moins belle) bois brulé puis d’animal. En bouche, un reste d’acidité nous rappelle que c’est du vin mais le tout est plutôt suave et persistant. Pas vraiment ce qu’on attend d’un vin mais globalement les sensations sont plutôt agréables. -Pauillac Pichon Longueville Comtesse. Plus taillé pour la garde que le précédent à commencer par le bouchon qui monte sans se décomposer. Robe carmin tuilé, nette. Nez un peu animal puis çà s’améliore rapidement: vieux cuir, bois ciré, tabac froid, cèdre.. une complexité de bon aloi pour un Medoc bien mùr et bien élevé. Bouche raffinée douce et équilibrée mais un peu fluette et sans grande amplitude. Longueur moyenne et monolythique. Je pense que l’erreur a été de le boire après le Volnay car celui-ci dans son envahissante bonté avait un peu coupé les pattes de notre Pauillac. -Vouvray moelleux Vaufuget. Ce vin nous a carrement bluffé au point que l’on s’est demandé s’il avait vraiment 45 ans (bouteille reconditionnée, vin sans doute filtré) Sa dégustation m’a aussi laissé entrevoir le chemin qu’il me restait à faire dans la connaissance des blancs ligeriens. Donc, robe jaune brillant très “juvenile”, reflets verts; nez de gentiane, d’humus, de fleurs blanches. En bouche, confirmation que l’équilibre se joue sur 3 registres: acide, sucré, amer. Une bonne fraicheur permet à ces sensations de bien se compléter mais quelle surprise quand je m’attendais à une pure sucrerie. Finale corsée sur la noix laissant supposer une rapide oxydation à l’air. (merci aux spécialistes ligeriens de m’éclairer sur une expérience similaire) Conclusion: Vins surprenants et agréables mais sans réelle grandeur donc pour la grande émotion, on repassera. @+ Marc
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