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Comme automne rime avec Rhône, je commence ma tournée des vignerons pour déguster le millésime 2001 dont je pensais qu'il rimait avec Rostaing! Et bien non, perdu, nous avons dégusté le 2000 Classique, 2002 Assemblage et la Landonne et la Blonde 2003 mais pas du 2001!
Assemblage 2002 : ***************** en 2002, la Landonne et la Blonde sont intégrées dans la Cuvée de Côte-Rôtie générique car elles ont été jugées indignes de porter le nom de leur illustre terroir... A noter qu'en octobre 2002, il n'était pas sûr de ne pas devoir déclasser la récolte et qu'à une semaine de pluie/beau temps près en septembre, il ne voulait même pas vendanger... (50% de pourri, 50% de pas mur...) Le vin se présente avec un nez typique de Côte-Rotie (le plus typique de la soirée) : cassis noir, poivre, pointe de lard fumé. En bouche par contre, il est en retrait par rapport à d'habitude, mais équilibré (un peu vert, végétal certes, mais agréable) A noter qu'il a pris de l'ampleur par rapport à mars, c'est bon signe car il lui reste encore un an d'élevage avant la mise en bouteille.
Côte-Rotie Classique 2000 : *************************** Bu en mars dernier lors du WERN, le nez m'a surpris. Rostaing dit qu'il commence à prendre des arômes secondaires, j'ai presque pris ça pour des arômes d'oxydation (mais non, car il a ouvert la bouteille devant nous) Il est moins frais qu'il y a 6 mois, mais en même temps plus corpulent, et je ne saurai tirer de conclusion définitive sur ce vin encore assez jeune pour connaitre des variations assez brutales. Rostaing aime boire sa cuvée classique avant 5-6 ans d'âge en général, quand elle n'a pas encore atteind le plateau optimal (car Côte-Rotie, c'est aussi la fraicheur, la force de pouvoir encore se bonifier). Bien, mais pas la fraicheur que j'aime vraiment.
La Landonne 2003 : ****************** On va commencer par les mauvaises nouvelles : 40% de la récolte normale (50% en masse de vendange, plus 10% de pertes à cause de raisins confits), ouin...
L'échantillon de ce vin à été transféré de la cuve il y a 2 jours donc il ne s'exprime pas normalement... La malo est terminé, mais il reste du CO2 qui disparait à l'aération. Le nez est monolithique, sur le fruit (à l'aveugle, jamais je n'aurais dit de la syrah mais un mélange entre le pinot et le grenache...) Les tannins ne se sentent pas, il reste un peu de sucre résiduel non converti (l'équivalent d'un degré), pas d'arômes minéraux, bref déconcertant en l'état actuel. Je ne suis pas capable de le juger.
La Blonde 2003 : ****************
Sa parcelle favorite, il la cache en plein milieu de son chai, à l'endroit le plus inaccessible :-) Le vin est en fût depuis 1 mois, et il est complètement différent de la Landonne. Le nez a la fougue de la Blonde, très complexe et changeant, mais plus lourd que d'habitude. En bouche, c'est le choc de la matière et des tannins : ils prennent la bouche (sans sêcher, mais ils restent) et le vin est presque visqueux. "Mais un peu mou, comme une Syrah australienne" rajoute son généiteur et il n'a pas tort. En tout cas, il se goûte étonnamment bien (et facilement pour le non-initié) et ces 2 ans d'élevage le civiliseront certainement.
Un petit commentaire sur cette vendange 2003 qui a tant fait parler d'elle. Rostaing a vendangé fin août, alors que certains (JL) a attendu mi-septembre. Chez Rostaing, la maturité phénolique était atteinte (contrairement au Sud, c'est surtout la maturité alcoolique qui pose problème en Côte-Rotie, pas la phénolique) Pour lui c'est un vin atypique, pas d'une très grande garde certainement, qui ravira sans doute les amateurs de blockbusters australiens, mais pas vraiment à son goût même s'il ne se prononce pas définitivement.
En conclusion, une dégustation instructive (même si j'aurais bien goûté les 2001 ;-)) et je remercie mon hôte pour ses expliations et le temps qu'il m'a consacré.
David.
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Il n'a montré aucune crainte pour cette relative "lourdeur" due au millésime ?
Lui as-tu posé la question de la ré-acidification ? patrick |
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Non, je ne lui ai pas posé la question de la réacidification. L'acidité ne semblait d'ailleurs pas dramatiquement basse chez lui (et en 2002 pas dramatiquement haute, quoi qu'indique notre perception), c'est les autres composantes qui sont "boostées". Par exemple, il y avait 1 degré d'alcool non transformé sur la Blonde et la Landonne, d'où sensation sucrée, donc pas suprêmement élégant. Mais il est très prudent car il sait que le vin évolue, et il y a des surprises comme ses 2002 qui progressent. La suite en janvier certainement.
David. |
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